Stages de Master (propositions de C. Banderier, Paris 13)
Organisation
- Encadrant : Cyril Banderier
- Lieu du stage :
LIPN (Université de Paris 13)
- Durée du stage
: 4 à 5 mois
- Possibilité de poursuivre en thèse
Attention : je reçois plusieurs demandes de stages par jour,
et je me vois donc dans l'obligation de faire une sélection en amont :
inutile de me contacter si vous n'avez pas eu une moyenne >14/20 l'an passé,
et des notes similaires pour votre premier semestre de master 2.
Voici une liste de sujets pour votre stage de master.
Ces sujets ont de très forts liens avec
les cours de calcul formel / combinatoire / analyse d'algorithmes.
La référence de base est le livre "Analytic Combinatorics" de Philippe
Flajolet & Robert Sedgewick, accessible on-line.
Sujet 1 : Analyse perturbative d'algorithmes
En 2001, Spielman & Teng ont expliqué, dans l'article
"Smoothed Analysis of the Simplex Algorithm"
pourquoi l'algorithme du simplexe (qui a une complexité au pire
exponentielle) se comporte si bien dans la pratique.
Ils ont pour cela introduit le concept de "smoothed analysis",
qui peut être vu comme une "interpolation" entre la complexité au pire
et la complexité en moyenne. Cette interpolation consiste à faire une
moyenne sur un "voisinage" (= une "perturbation") d'une instance,
et à regarder alors la "pire" région.
Ceci répond donc à une question qui échappait aux analyses classiques
(en moyenne, au pire) : le pire des cas est-il "isolé",
ou bien y a-t-il toute une région difficile ?
Leur perturbation est essentiellement un ajout de bruit Gaussien,
et ils montrent que l'algorithme du simplexe a une complexité
"smoothed" polynomiale.
Spielman consacre une page web à ce concept de smoothed analysis,
qui s'avère un champ fécond qui reste grandement à défricher.
Dans Smoothed analysis of three combinatorial algorithms,
C. Banderier, R. Beier et K. Mehlhorn
se sont penchés sur la "smoothed complexity" de Quicksort
et de la recherche de plus court chemin dans un graphe.
Le premier pas consiste à s'accorder sur une définition raisonnable
de "perturbation", de "voisinage" (pour des données discrètes),
pour ensuite comparer la perturbation
du pire des cas (qui repose surtout sur des outils de combinatoire
analytique) à la pire des perturbations (qui se fait via des
méthodes ad hoc).
Le stage consistera, avec l'aide de la combinatoire analytique,
à étudier des algorithmes standards, afin d'en donner la "smoothed complexity".
Sujet 2 : Noyaux de graphes dirigés : énumération et asymptotique, lien avec
la théorie des jeux
On peut modéliser les jeux finis à deux joueurs de la façon suivante :
considérons un graphe dirigé
dont l'ensemble des sommets représente l'ensemble des positions
possibles,
et dont les arrêtes représentent les "coups légaux" pour passer d'une
position à une autre.
Un noyau du graphe est alors l'ensemble des sommets (=positions)
dans lesquels le premier joueur doit être, afin de s'assurer d'une stratégie gagnante.
(Ce noyau peut ne pas exister, ou ne pas être unique).
On s'intéresse ici au modèle suivant : on se donne un jeu au hasard
(=un graphe dirigé enraciné), et on se demande s'il faut mieux être le
premier ou le deuxième joueur (i.e. on cherche à étudier la taille
du noyau), etc.
De nombreuses questions relatives au noyau sont NP-complètes,
et il fut donc un peu surprenant que des méthodes de séries
génératrices ont permis en 2004 des avancées sur ce problème.
Par exemple, pour un arbre dirigé,
la question de savoir si le premier joueur était avantagé
vient juste d'être tranchée (la réponse est une constante assez
étrange...) dans l'article
Generating functions for kernels of digraphs (Enumeration & asymptotics for a constraint from game theory)
de Banderier, Le Bars, et Ravelomanana.
Le stage consistera à pousuivre dans la lancée de cet article.
Sujet 3 : Marches aléatoires dirigées avec contraintes multiples : énumération et asymptotique
Si les chemins de Dyck et la combinatoire analytique vous plaisent,
alors il devrait en être de même de l'article suivant :
Basic Analytic Combinatorics of Directed Lattice Paths, et donc votre rêve le plus cher est de comprendre ce qui se passe en dimension supérieure,
ce que je vous propose d'étudier dans ce stage...
Sujet 4 : Résidus d'ordre supérieur dans Z/nZ : énumération et asymptotique,
lien avec la factorisation d'entiers
Etant un polynome P, on procédéra à l'énumération du nombre de solutions de P(x) = 0, puis
de P(x,y),... dans Z/nZ. L'énumération repose sur l'étude de fonctions
multiplicatives et de séries de Bell associées. L'asympotique repose
l'étude des singularités d'une série de Dirichlet associée
(=généralisation de la fonction zêta de Riemann).
Plus précisément, on utilisera des techniques de transformée de
Mellin, mais il n'est pas nécessaire que le stagiaire que connaisse
déjà ces techniques, qui peuvent s'acquérir en 1 journée
pour quiconque a déjà un amour préalable du calcul de résidu ou
des fonctions multiplicatives et de l'asymptotique de leur moyenne de Cesàro.
On se contentera dans ce stage d'une asymptotique au premier ordre,
car l'asymptotique fine débouche sur problèmes à ce jour
ouverts en théorie des nombres (hypothèse de Riemann généralisée) !
Une partie de ces questions a des applications directes en
cryptographie ou dans le calcul d'ordre de divers groupes, ce qui a à son tour des applications en
mécanique quantique.
Sujet 5 : Structures "fractales" de zéros de famille de polynômes
Ce stage est dédié à l'étude de l'unimodalité et log-concavité de
suite de nombres, et aux structures "fractales" de zéros de famille de
polynômes. Si jamais vous avez accroché avec l'un des domaines suivants : théorie
des nombres, combinatoire, analyse, théorie des probabilités (loi
limites) et physique statistique (spectre de matrices aléatoires),
programmation (algo numérique), ce stage sera surement ((c) 1990) pour
vous l'occasion de creuser les jolis ponts entre ces disciplines.
Certaines familles de polynômes ont ainsi été investiguées par
Odlyzko et Poonen,
Zeros of polynomials with 0,1 coefficients,
cf aussi : article 2,
mais de nombreuses autres familles donnent des dessins avec des
propriétés remarquables (forme limite, unimodalité, etc), qui sont à ce jour inexpliquées.
Ce stage comporte une grande part d'expérimentation, afin d'essayer
d'établir une zoologie des cas observés.
Ce stage est faisable aussi bien en M1 qu'en M2, il pourra être
orienté suivant le niveau et les gouts ((c) 1990) du stagiaire vers
tel ou tel des aspects sus-mentionnés.
Sujet 6 : Exposants critiques de modèles combinatoires de physique statistique
De nombreuses structures combinatoires ont une asymptotique en A^n/ n^r,
r est appelé "exposant critique", et il est souvent la signature d'un
comportement universel (insensibilité au réseau sous-jacent: Z^2,
triangulaire, etc...). Les physiciens ont des méthodes
profondes et non complètement rigoureuses (méthode des répliques,
algèbre de Virasoro sous l'hypothèse d'invariance conforme, ...)
qui leur permettent de conjecturer la valeur de r, par exemple pour les méandres, divers modèles de marches
auto-évitantes, etc. Ce stage a pour but d'établir avec rigueur
certains de ces exposants critiques, avec des méthodes alternatives de
la combinatoire analytique.
Mots-clefs : combinatoire, analyse complexe, équations différentielles, algèbre, calcul formel.
Sujet 7 : Combinatoire et algorithmique du modèle de Schelling (prix Nobel d'économie 2005)
Voir le descriptif sur cette page.
Organisation
- Encadrant : Cyril Banderier
- Lieu du stage :
LIPN (Université de Paris 13)
- Durée du stage
: 4 à 5 mois
- Possibilité de poursuivre en thèse